Stella

C’est quoi le rapport

Faire court, c’est bien. Mais parfois, c’est bien aussi de faire plus long. Envie de créer un rapport, un catalogue, un magazine ou un livre, avec une belle mise en page soignée ? Bien sûr que c’est possible.

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Cet article fait partie d’une longue série, réalisée avec le studio créatif Madcats, sur la création de documents avec WeasyPrint.

  1. Des documents adaptés à vos envies et vos formats
  2. Des factures à votre image
  3. Le sens du détail
  4. Des lettres et des lettres
  5. C’est quoi le rapport ?
  6. En long, en large et sans travers
  7. Des affiches et des flyers

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Quand c’est long, ça se complique

Jusqu’à présent, nous avons créé des documents plutôt courts : factures, devis, lettres… C’était facile, non ? Mais… Que se passerait-il si l’on décidait de créer des documents plus longs ?

La question n’est pas si évidente. Évidemment, certaines des problématiques sont les mêmes dans un livre que dans une lettre, ce n’est pas la peine d’oublier tout ce que nous avons vu sous prétexte que la longueur a changé !

Cela dit, certaines choses sont différentes. Quoi ? Ouvrez un magazine ou un livre, écarquillez bien les yeux, et vous trouverez une myriade de petits détails auxquels vous n’aviez jamais vraiment fait attention.

Sous vos yeux ébahis

Une table des matières
Avez-vous déjà regardé attentivement une table des matières ? Non ? Alors c’est le moment où jamais de découvrir certaines choses que vous n’aviez jamais vues.

Lorsqu’ils atteignent une certaine longueur, les documents deviennent rapidement un petit puzzle. Sans que l’on ne s’en rende compte, ils se transforment en un savant assemblage de techniques simples en apparence, mais en réalité raffinées par des siècles de pratique.

La liste est presque inépuisable : table des matières, numéros de page, index, en-têtes, notes de bas de page, marges, têtes de chapitre, préambules, bibliographies, inserts… Selon la nature et la longueur, on peut être amené à intégrer ces astuces comme autant d’aides discrètes pour le lecteur.

Toutes ces aides sont à peine visibles et pourtant extrêmement importantes. Toutes ont l’air dispensables, mais elles figurent invariablement dans certains types de documents, comme autant de marqueurs qui rassurent le lecteur. Ce n’est pas parce qu’on ne les remarque pas que l’on pourrait s’en passer, au contraire : c’est lorsqu’on ne les remarque pas qu’elles sont le mieux intégrées, qu’on les trouve sans les chercher, qu’on les lit sans les voir.

Fin de chapitre de « La chute » d’Albert Camus, collection Folio Début de chapitre de « La chute » d’Albert Camus, collection Folio
Fin et début de chapitre dans un livre de poche. Pas de numéro de page sur la dernière page ou sur la page vide, tête de chapitre en page de droite avec une marge en haut, des choix simples, classiques et efficaces.

Si l’envie vous vient de créer de tels document, vous pouvez simplement vous appuyer sur d’autres documents de même type. Comment fonctionnent la pagination et le sommaire d’un magazine ? Comment sont mises en page les têtes de chapitres d’un livre de poche ? Allez voir comment les autres font, dénichez les détails que personne ne relève mais que tout le monde utilise, et vous aurez une réponse satisfaisante.

Il n’est vraiment pas facile de faire attention à tous les détails, parce qu’ils sont nombreux. Une marge, une taille de fonte, un alignement… Tout est savamment orchestré avec une minutie d’orfèvre, pour que tout ait au final l’air parfaitement « normal ». C’est un savoir-faire qui se travaille avec l’expérience, et votre œil aura vite l’habitude de voir clairement les détails invisibles.

Fin de chapitre de « La chute » d’Albert Camus, collection Folio Début de chapitre de « La chute » d’Albert Camus, collection Folio
Allons plus loin : la page fait environ 11 cm × 18 mm, avec un rapport très proche du nombre d’or. Sur la première page du chapitre, le texte commence à environ 11 cm du bas de page, inscrivant le texte dans un carré presque parfait, et reproduisant le ratio du nombre d’or sur la hauteur. Et ouais. Là, ça ne rigole plus…

Se souvenir des belles choses

Malgré la créativité des graphistes et la variété des supports, vous remarquerez rapidement de grandes similitudes entre tous vos documents. Pourquoi un tel classicisme ?

Table des matières de « Thinking with Type » d’Ellen Lupton Table des matières de « The Elements of Typographic Style » de Robert Bringhurst Table des matières de « The Visual Display of Quantitative Information » d’Edward Tufte
Trois tables des matières dans trois livres formidables écrits en anglais. Un titre de page, des titres de chapitres, des numéros de chapitres, des numéros de pages. Rien d’autre, c’est tout.

Comme la plupart des outils simples, la mise en page utilisée actuellement est le fruit d’une longue histoire. De nombreuses solutions ont été testées au fil des siècles, et les plus appréciées sont restées au fil de ce qui ressemble à une sélection naturelle.

Au-delà de l’efficacité des solutions retenues, la culture joue également un rôle important. Si les règles sont souvent très proches partout sur le globe, beaucoup de détails varient avec les habitudes et les goûts des populations. Rien d’absolu donc, mais beaucoup de règles similaires partout dans le monde qui habitent cet art multi-centenaire.

Il n’est donc pas particulièrement nécessaire de chercher à innover dans vos mises en pages. La simplicité et la sobriété devraient éviter des tracas à vos lecteurs, et c’est le mieux que vous pouvez leur apporter à ce sujet. Tout le monde connaît les règles tacites sans le savoir, tout le monde aime instinctivement se souvenir des belles choses.

Créer dans les carcans

Cela veut-il dire que la nouveauté et l’originalité n’ont pas leur place dans vos documents ? Bien sûr que non ! Les contraintes ne sont pas incompatibles avec les fougueuses envies des équipes créatives, au contraire. En restant dans les règles de l’art, il est possible de générer de superbes documents.

Vous l’avez deviné : c’est ce que nous verrons dans le prochain article…